La profondeur des océans

Aujourd’hui était différent. Il y a eu un enfant sur ta route vers le métro, il te rappelait ton enfance avec sa démarche si libre d’esprit. Il a salué une femme qu’il ne connaissait pas avec un sourire regorgeant de bonheur. Tu t’es retourné pour la regarder et tu as vu qu’elle lui a retourné le si beau sourire. Tu as essayé de capturer ce moment de toute beauté et de le graver dans ta mémoire. Les sourires se font rares ces jours-ci, tu veux immortaliser ceux qui passent sur ton chemin, ceux qui sont si contagieux qu’ils t’en dessinent un sur tes lèvres.

Ce sourire si frappant et si gentil, t’a donné envie de la dévisager encore plus. Cette femme, elle avait une allure unique; le genre de femme qu’on reconnaît à distance. Celle dont on crie le nom dans les stations de métro lorsqu’on l’aperçoit de l’autre côté du quai. Tu avais envie que quelqu’un le crie, rien que pour savoir le nom que porte sa personne.

Elle avait un nez méditerranéen qui t’intriguais car il lui allait à merveille malgré la place qu’il prenait peu importe l’angle dont on l’observait. Le genre de nez qu’on critique souvent, mais qui au fond, a son charme, un charme que bien de gens aimeraient avoir. Elle avait des sourcils épais et de longs cils qui entouraient ses yeux de chats. Ses cheveux étaient un peu mouvementés, comme s’ils avaient envie de danser. Tu as eu envie de les toucher et de sentir leur douceur sur le bout de tes doigts. Elle avait une peau qui révélait des combats, le genre de combat qui fait pleurer, qui donne envie de quitter son corps. Puis, quand la lumière du jour a fraulé son visage, tu as vu les couleurs des profondeurs des océans autour de la prunelle de ses yeux.

Tu n’as pas pu t’empêcher de l’observer. Ta tête s’est retournée et tes yeux se sont posés sur elle. Tu espérais qu’elle te regarde avec ses yeux perçants mais tu évitais son regard, de peur de t’y perdre. En vérité, tu y étais déjà perdu.

Tu n’as pas osé lui parler. Son essence parlait pour elle. Tu pouvais ressentir son vécu, sous une forme floue. Sa présence était tellement puissante qu’elle te rendait nerveux en secret. Qui était-elle? Qu’avait-elle vécu? Quels endroits de cette Terre l’ont connu? D’où venait-elle? Où allait-elle?

Les questions s’empilaient les unes sur les autres. Tu n’avais qu’une envie, de la connaître, d’en savoir plus. Tu voulais qu’elle te montre son monde ne serait-ce qu’avec son sourire. Tu voulais connaître les profondeurs de son âme après avoir goûté à celles de ses yeux.

Tu as fait un pas vers elle et puis, la porte du métro s’est ouverte. Elle a fait un pas vers celle-ci. Ton cœur s’est serré. Voilà que tu ne connaissais rien de cette créature intrigante de la nature mais que ton cœur s’était déjà noyé dans une vague de tristesse mélancolique.

Et elle, avait-elle vu les profondeurs des océans dans tes yeux? T’avait-elle dévisagé avec intrigue? Tu ne sais pas. Tu ne sauras peut-être jamais mais pour un instant c’était sublime d’observer une beauté qui n’attirent pas tous les yeux. Une beauté que seul toi pouvait voir parce qu’en réalité, elle est dans tes yeux quand tu regardes les autres.

La beauté, elle est partout. Il faut juste prendre le temps de la regarder.

PS: Dans le miroir, c’est pareil!

Mentions de l’auteur:

J’ai toujours cru à la beauté unique de toutes les femmes (et celle des hommes). Ainsi, pour “practice what I preach”, je ne peux que croire en ma propre beauté aussi, malgré les moments difficiles où je n’aime pas ce que je vois dans le miroir.

Inspirée par des films, des chansons, je me suis posée la question suivante: et, si un homme, un peu poétique de nature, voyait une femme et la trouvait sublime dans toute son imperfection, quelles seraient ses pensées? Et si cette femme était moi? Et si elle ne l’était pas? Je me suis donnée comme défi de décrire une femme qui pourrait être ma propre personne ou bien une autre à travers les yeux d’un étranger, et d’en faire un petit récit.

On oublie souvent que les gens nous perçoivent différemment que l’on se perçoit soi-même, pour le meilleur et pour le pire.

Personnellement, ça m’arrive souvent de croiser des étrangers et d’observer la beauté qu’ils dégagent de manière si intrigante et authentique, ne serait-ce que la manière dont ils se vêtissent, lisent leur livre ou regardent le sol.

PS: À ceux qui observent toujours la laideur et les défauts chez les autres, ils ne font que refléter les vôtres. Je pense.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: